Dans les années 1970, sept jeunes femmes — toutes pupilles de l'aide sociale, toutes porteuses d'un handicap — disparaissaient dans l'Yonne. Personne ne les a vraiment cherchées : dossiers égarés, enquêtes closes, signalements ignorés. Il a fallu l'obstination de familles, d'une éducatrice et d'associations pour que l'affaire ressurgisse, et qu'Émile Louis, ancien chauffeur de car, soit condamné en 2004 à la réclusion criminelle à perpétuité pour ces meurtres, qu'il avait avoués avant de se rétracter.

Le scandale dans le scandale

L'affaire a révélé une vérité dérangeante : la mobilisation de l'institution judiciaire n'a pas toujours été égale pour toutes les victimes. Des jeunes femmes pauvres, handicapées, sans famille influente, ont longtemps compté pour rien. L'État a d'ailleurs été condamné pour faute lourde du service de la justice en raison des carences de l'enquête initiale — un précédent majeur pour toutes les familles confrontées à l'inertie (voir notre article sur les recours contre l'État).

L'héritage

  • La disparition d'une personne vulnérable doit déclencher des recherches immédiates — les protocoles ont été renforcés ;
  • la prescription a été repensée pour les crimes dissimulés ;
  • et le principe demeure : aucune victime ne vaut moins qu'une autre.

StatutVictimes défend toutes les victimes, sans distinction.