En janvier 2020, Mila, lycéenne de 16 ans, publie une vidéo critiquant violemment l'islam. En quelques heures, elle devient la cible d'un déferlement : des dizaines de milliers de messages d'insultes et de menaces de mort, la déscolarisation, une vie sous protection policière. En juillet 2021, le tribunal correctionnel de Paris condamne une dizaine de ses harceleurs — pour beaucoup, des internautes « ordinaires » persuadés qu'un message isolé ne serait jamais poursuivi.
La leçon juridique : le harcèlement « en meute »
Depuis la loi de 2018, le harcèlement en ligne est constitué même si chaque participant n'a envoyé qu'un seul message, dès lors qu'il s'inscrit sciemment dans une action collective. C'est ce qui a permis de condamner des auteurs n'ayant écrit qu'un tweet. Les peines encourues atteignent deux à trois ans d'emprisonnement, davantage pour les mineurs ciblés.
Victime de cyberharcèlement : les réflexes
- Ne supprimez rien : capturez les messages (URL visibles, horodatage) ; les constats d'huissier renforcent la preuve ;
- Signalez sur la plateforme PHAROS et auprès des réseaux sociaux ;
- Déposez plainte — le 3018 (numéro national contre les violences numériques faites aux jeunes) peut faire retirer des contenus en urgence ;
- Ne restez pas seul·e : le soutien psychologique est essentiel face à la violence de masse.
L'affaire Mila l'a montré : l'anonymat ne protège pas les harceleurs, et la justice sait remonter jusqu'à eux.
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