Le 19 mai 2026, le tribunal pour enfants de Lyon a reconnu coupables les six mineurs poursuivis dans l'affaire Théo. Mais les sanctions, elles, ne tomberont que le 15 décembre 2026. Beaucoup de victimes découvrent ce fonctionnement avec incompréhension. Explications.

La césure : le principe

Depuis l'entrée en vigueur du code de la justice pénale des mineurs (CJPM) en 2021, le procès d'un mineur se déroule en principe en deux temps :

  • L'audience d'examen de la culpabilité : le tribunal dit si le mineur est coupable ou non. C'est ce qui s'est passé le 19 mai pour l'affaire Théo.
  • L'audience de prononcé de la sanction, plusieurs mois plus tard : entre les deux, le mineur est placé en « mise à l'épreuve éducative », observé et suivi par les éducateurs de la protection judiciaire de la jeunesse.

Ce que cela change pour la victime

Point essentiel : la victime n'a pas à attendre la seconde audience pour être fixée sur ses droits. Dès la déclaration de culpabilité, le tribunal peut statuer sur l'action civile — c'est-à-dire sur l'indemnisation. La constitution de partie civile permet de demander réparation de l'ensemble des préjudices : physiques, psychologiques, matériels.

La période qui sépare les deux audiences peut être vécue difficilement par les victimes, qui ont le sentiment d'une justice suspendue. Elle a pourtant un objectif : adapter la sanction à l'évolution du mineur. Le 15 décembre 2026, le tribunal choisira entre mesures éducatives et peines — nous détaillons les possibilités dans cet article.

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