C'est peut-être l'héritage le plus durable du procès de Mazan : en septembre 2024, Gisèle Pelicot refuse le huis clos que la loi lui offrait, et exige que les débats — jusqu'aux vidéos les plus insoutenables — se tiennent publiquement. « La honte doit changer de camp », résume-t-elle. Ce choix a fait d'elle une figure mondiale du combat des victimes.
Ce que dit la loi
Devant la cour d'assises ou la cour criminelle, les débats sont en principe publics. Mais pour les procès de viol, la loi renverse la logique habituelle : le huis clos est de droit si la victime partie civile le demande — et il ne peut être ordonné contre sa volonté. Autrement dit, c'est la victime, et elle seule, qui tient la clé de la publicité des débats.
Huis clos ou publicité : deux protections différentes
- Le huis clos protège l'intimité : pas de public, pas de presse dans la salle, un récit livré à l'abri des regards. Beaucoup de victimes y trouvent la condition même de leur parole.
- La publicité protège par la lumière : elle expose les accusés au regard social, documente les mécanismes des violences, et peut transformer un procès en moment de conscience collective — c'est le pari réussi de Gisèle Pelicot.
Un choix strictement personnel
Aucune option n'est « meilleure » : l'une et l'autre sont des droits. Ce qui compte, c'est que la victime décide librement, informée et accompagnée — par son avocat, par une association, par ses proches. Et ce choix peut être préparé longtemps à l'avance.
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