Le 28 mai 2025, la cour criminelle du Morbihan, à Vannes, a condamné l'ancien chirurgien Joël Le Scouarnec à 20 ans de réclusion criminelle pour viols et agressions sexuelles aggravés sur 299 victimes — essentiellement des enfants, souvent ses patients, agressés parfois sous anesthésie. Ses carnets, tenus pendant des décennies, ont permis d'identifier les victimes une à une.
Un procès aux dimensions inédites
Des centaines de parties civiles, des faits s'étalant sur trente ans, des victimes qui, pour beaucoup, ignoraient ce qu'elles avaient subi avant d'être contactées par les enquêteurs : le procès de Vannes a confronté la justice à l'amnésie traumatique et à la sidération à très grande échelle.
Les questions qui demeurent
- Les alertes ignorées : condamné dès 2005 pour détention d'images pédopornographiques, il a pourtant continué d'exercer au contact d'enfants. La responsabilité des institutions sanitaires et ordinales est au cœur des suites civiles et administratives de l'affaire ;
- la prescription : de nombreux faits anciens ont pu être jugés grâce aux règles spécifiques aux mineurs (prescription courant à partir de la majorité, allongée à 30 ans) ;
- l'indemnisation : les victimes peuvent saisir la CIVI, et rechercher la responsabilité des établissements employeurs.
Pour les victimes d'abus anciens
Ce procès le démontre : des faits vieux de vingt ou trente ans peuvent encore être jugés. Si vous avez été victime dans l'enfance, un avocat peut analyser précisément la prescription applicable à votre situation. Trouvez un avocat ou écrivez-nous.