Pendant une décennie, Gisèle Pelicot a été droguée à son insu — anxiolytiques dissimulés dans la nourriture — sans jamais soupçonner ce qui lui arrivait. Elle attribuait ses absences et ses trous de mémoire à une maladie neurologique. L'affaire de Mazan a fait de la soumission chimique un sujet de santé publique. Voici ce que chacun doit savoir.

De quoi parle-t-on ?

La soumission chimique est l'administration à une personne, à son insu, d'une substance psychoactive (médicaments sédatifs, GHB, alcool ajouté…) afin de commettre sur elle une infraction : viol, agression sexuelle, vol, escroquerie. Elle constitue une circonstance aggravante et, depuis la loi de 2025 renforçant la lutte contre les violences sexuelles, une infraction spécifiquement réprimée.

Les signes qui doivent alerter

  • Trous noirs inexpliqués, réveils confus, sensation de « gueule de bois » sans consommation d'alcool ;
  • Somnolences anormales et répétées, notamment après des repas ou des boissons partagés toujours avec la même personne ;
  • Vêtements en désordre, douleurs inexpliquées au réveil, messages ou photos que l'on ne se souvient pas avoir envoyés.

Réagir vite : la preuve est une course contre la montre

Les substances disparaissent rapidement de l'organisme : quelques heures dans le sang, quelques jours dans les urines, plusieurs semaines à plusieurs mois dans les cheveux.

  • Rendez-vous au plus vite aux urgences ou dans une unité médico-judiciaire en demandant expressément une recherche de soumission chimique.
  • Ne vous lavez pas et conservez verres, bouteilles ou aliments suspects si possible.
  • Déposez plainte : les analyses pourront être ordonnées sur réquisition, et une mèche de cheveux peut « raconter » plusieurs mois d'exposition.

Le dispositif national de référence (CRAFS) et le numéro 116 006 peuvent vous orienter. Victime ou proche ? Contactez-nous — nous vous aidons à structurer vos démarches, en lien avec des avocats spécialisés.