Dans la nuit du 10 au 11 janvier 2002, Élodie Kulik, directrice d'agence bancaire de 24 ans, était violée et tuée près de Péronne (Somme). Pendant dix ans, l'ADN inconnu retrouvé sur la scène de crime ne « matchait » avec personne. Jusqu'à ce que les enquêteurs tentent, en 2011, une première en France : la recherche en parentèle — chercher au fichier non plus l'auteur, mais un membre de sa famille. Le profil d'un père condamné mène à son fils, décédé ; l'enquête remonte alors à son entourage. Willy Bardon, dont la voix correspondait à celle enregistrée dans l'appel au secours d'Élodie, a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle, peine devenue définitive après appel et cassation.

Un combat de père

Cette avancée doit beaucoup à Jacky Kulik, père d'Élodie, qui n'a jamais cessé de pousser l'enquête, de mobiliser les médias et de soutenir l'innovation judiciaire. Son combat illustre le rôle moteur que peuvent jouer les familles de victimes dans l'évolution du droit — comme les mères de victimes de l'affaire Guy Georges pour le fichier ADN.

Ce que cela change pour les victimes

La recherche en parentèle, désormais encadrée par la loi, offre une chance nouvelle aux dossiers anciens. Si votre affaire est restée sans auteur identifié, elle n'est pas condamnée à l'oubli : demandez, via votre avocat, quelles techniques récentes peuvent être mises en œuvre. Nous pouvons vous orienter.