Entre 1991 et 1997, sept jeunes femmes ont été tuées à Paris par celui que la presse appelait « le tueur de l'Est parisien ». L'enquête piétinait, alors même que l'ADN de l'auteur avait été retrouvé sur plusieurs scènes de crime — car la France ne disposait d'aucun fichier centralisé pour croiser les profils génétiques. C'est le rapprochement manuel de dossiers, obtenu de haute lutte, qui permit d'identifier Guy Georges en 1998. Il a été condamné en 2001 à la réclusion criminelle à perpétuité.
Le combat des mères
Anne Gautier, mère d'Hélène Frinking, et les familles des autres victimes ont transformé leur deuil en bataille publique : elles ont réclamé sans relâche la création d'un fichier national des empreintes génétiques. Le FNAEG, créé en 1998 et progressivement étendu, est en partie leur œuvre — il a depuis permis d'élucider des milliers d'affaires, dont des viols et meurtres anciens.
L'héritage pour les victimes d'aujourd'hui
- Chaque prélèvement, chaque scellé conservé peut « parler » des années plus tard ;
- les rapprochements inter-dossiers sont désormais systématiques — signaler des faits similaires n'est jamais inutile (voir notre article sur les victimes en série) ;
- et quand la technique ne suffit pas encore, la parentèle ou la généalogie génétique prennent le relais.