C'est un tournant dans l'un des dossiers criminels les plus suivis de France. Selon les informations révélées le 6 juillet 2026 par La Dépêche du Midi, Cédric Jubillar — condamné en première instance, en octobre 2025, à trente ans de réclusion criminelle pour le meurtre de son épouse Delphine, disparue en décembre 2020 — aurait reconnu sa responsabilité dans un courrier manuscrit adressé à son avocat. Il se dirait également prêt à indiquer l'endroit où repose le corps de Delphine, qui se trouverait à quelques kilomètres du domicile du couple, près de Cagnac-les-Mines (Tarn).
Le conditionnel s'impose encore
Ces aveux, s'ils se confirment devant les juges, devront être vérifiés — à commencer par la localisation du corps. Le procès en appel, prévu à partir du 21 septembre 2026 devant la cour d'assises d'appel de Toulouse pour quatre semaines, pourrait en être bouleversé, voire reporté.
Pour les enfants, un enjeu qui dépasse la procédure
Au-delà du droit, c'est peut-être pour les deux enfants du couple que cette annonce compte le plus. Depuis près de six ans, ils grandissent dans l'incertitude, tiraillés entre les versions contradictoires de leurs parents — l'un des deux ayant même livré, enfant, des éléments de témoignage dont la portée a été discutée pendant toute la procédure. Si le corps de leur mère est retrouvé :
- ils pourront enfin disposer d'un lieu de recueillement et entamer un véritable travail de deuil — ce que les psychologues du trauma décrivent comme quasi impossible sans certitude sur le sort du parent disparu ;
- la parole de l'enfant témoin, longtemps mise en doute, se trouverait rétrospectivement reconnue ;
- en tant que parties civiles représentées, leur indemnisation et leur accompagnement pourront être consolidés.
Notre article sur le procès de Monique Olivier le rappelait : juger sans corps est possible, mais retrouver le corps change tout pour les proches.
L'association StatutVictimes suivra le procès de Toulouse. Retrouvez nos analyses sur le blog.