En 2004, quelques semaines après une libération conditionnelle, Pierre Bodein — déjà lourdement condamné par le passé — enlevait et tuait deux fillettes et une jeune femme en Alsace. En 2007, la cour d'assises du Bas-Rhin prononçait pour la première fois en France la réclusion criminelle à perpétuité incompressible, confirmée en appel : aucune mesure d'aménagement possible, sous réserve du réexamen exceptionnel prévu après trente ans.

Une peine d'exception

Créée en 1994, la perpétuité « réelle » est réservée à une poignée de crimes — notamment le meurtre de mineur précédé ou accompagné de viol ou de tortures, et certains assassinats de dépositaires de l'autorité ou actes terroristes. Elle n'a été prononcée que quelques fois : après Bodein, notamment Michel Fourniret, puis Salah Abdeslam au procès du 13-Novembre, et en 2025 Dahbia Benkired dans l'affaire Lola — première femme.

Ce que l'affaire a changé

  • Un électrochoc sur le suivi des sortants de prison et l'évaluation de la dangerosité, prolongé ensuite par l'affaire Laëtitia ;
  • pour les familles des victimes, la garantie — rarissime en droit français — que l'auteur ne sortira pas ;
  • un débat toujours ouvert entre impératif de protection et principes du droit de la peine.

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