Le 19 décembre 2024, la cour criminelle du Vaucluse, à Avignon, a rendu son verdict dans l'un des procès les plus retentissants de l'histoire judiciaire française : les 51 accusés du procès dit « des viols de Mazan » ont tous été condamnés. Dominique Pelicot, qui pendant une décennie a drogué son épouse Gisèle pour la livrer, inconsciente, à des inconnus recrutés sur internet, a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle — la peine maximale encourue.
Une affaire hors norme
Révélée par une enquête partie d'un simple délit (des images filmées sous les jupes de clientes dans un supermarché), l'affaire a mis au jour un système méthodique : soumission chimique, viols filmés, fichiers archivés par milliers. C'est grâce à ces preuves numériques que des dizaines d'hommes, de tous âges et de tous milieux, ont pu être identifiés et jugés.
Le choix historique de Gisèle Pelicot
Gisèle Pelicot a refusé le huis clos auquel elle avait droit. Son mot d'ordre — « la honte doit changer de camp » — est devenu un étendard mondial pour les victimes de violences sexuelles. Nous analysons la portée de ce choix dans un article dédié.
L'appel : un seul accusé
Sur les 51 condamnés, un seul a maintenu son appel. Il a été rejugé à Nîmes en octobre 2025 — et sa peine a été alourdie. Récit dans notre article sur le procès en appel.
Ce que l'affaire a changé
- Une prise de conscience massive de la soumission chimique, jusque-là largement invisible.
- La démonstration que la publicité des débats peut être une arme de reconquête pour les victimes.
- Un débat national sur la définition pénale du viol et la notion de consentement.
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